27/03/2012

Le plouc reçoit des palmes canardesques

9782832105030.gifOn ne sait pas si "Sarkonaparte" s'en remettra. Mais dans sa chronique d'un quinquennat de correspondant de La Tribune de Genève à Paris, Jean-Noël Cuénod aura accompagné de sa verve critique et moqueuse, le petit président, sa Carla et toute la smala parisienne pour le plus pur bonheur de ses lecteurs suisses et français. Un choix de ses meilleures chroniques paraît en volume pour nous rappeler les grandes et les petites heures d'un pays avec lequel le Genevois a bien des accointances. Son bon sens, qu'on aurait dit autrefois "paysan", lui vaut l'incontestable titre de "plouc". Car le bougre ne manque jamais de souligner les travers de la France des bobos. Dans les allées du pouvoir ou les couloirs du métro, le journaliste furête et débusque ces petits faits qui nourrissent la chronique, dans une langue toujours pleine de néologismes souriants et d'érudition bienvenue. Car le plouc aime la politique, l'histoire et la poésie. De la France, il s'est fait une haute idée: il cite souvent de Gaulle, les principes républicains et quelques grands esprits de ce pays. Autant dire que la France contemporaine ne suscite pas chez lui le même enthousiasme. Et on le comprend. Dans ses lignes, le lecteur attentif apprendra autant de la France que de l'auteur des chroniques, dont on devine les convictions humanistes profondément ancrées, le goût du journalisme judiciaire ou la passion pour les mots. Dans une jolie préface, Edwy Plenel, ci-devant patron du site d'information Mediapart et ex-rédac chef du Monde lui fait un bel hommage. Cela vaut décoration. Le plouc peut la porter fièrement car son indépendance et sa plume valent bien ses palmes canardesques. Je vous recommande donc la lecture de ces petites perles, et particulièrement, la pantalonnade de la Porsche tranquille du DSK déchu ou DSK chaud show, la guerre des deux rosses au PS, le plouc à genoux devant ceux de Ségolène ou l'ovation finale de Le Pen. Entre autres morceaux de bravoure. Les plus cultureux se délecteront de l'outrenoir de Soulages, et les plus hype duplouc faisant le poireau chez Dior. Car le plouc est éclectique. Et toc! Ca va mieux en le disant, non?

"Quinquennat d'un plouc chez les bobos" Jean-Noël Cuénod, chez Slatkine, 2012.

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