27/06/2012

FOG et les présidents. Sans langue de bois

9782081282568.gifS'il avait pu lire ces "Derniers carnets" de Franz-Olivier Giesbert, François Mitterand aurait reproché à FOG d'avoir encore commis une de ses "pochades politiques" au lieu de se consacrer à la littérature, la vraie. Ces carnets sont une pochade, en effet, qu'on lit vite et avec plaisir. Car FOG a atteint ce moment de la vie où le jeu du pouvoir n'a plus guère d'intérêt et où un individu libre n'a plus grand chose à perdre. Après les repas partagés avec les trois derniers présidents de la République, FOG a pris soin de noter ses conversations avec Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac et François Mitterrand. Ce dernier, pétri de soucis métaphysiques, qui a appris "la vie" au journaliste dans les années 80 et "la mort" dans les années 90, lors de conversations à bâtons rompus, est le plus talentueux des trois. "On ne pourra pas dire que je n'ai pas été résistant... au cancer", lui lâche le vieil homme souffrant, brocardé pour son amitié avec Bousquet, un homme de Vichy. Sa méchanceté, Mitterrand la réserve aux siens. Et les quelques formules qui suivent font souvent mouche. Fabius? "J'ai beaucoup misé sur lui mais c'est une chiffe molle". Rocard? "Il ne décide rien, il négocie tout. Il a dépassé depuis longtemps son niveau de compétence qui est celui d'un secrétaire d'Etat aux PTT". Delors? "C'est un chrétien, un vrai. Il n'agit que par devoir. Ce serait un mauvais candidat et un mauvais président. Dieu merci, il le sait". DSK? "Un jouisseur sans destin". Martine Aubry? "Elle est trop méchante pour réussir. Un jour, elle se noiera dans son fiel". Kouchner? "Un GO égaré en politique. Vous verrez, il finira là où était sa vraie place: au Club Méditerranée". Mais la plus grande partie de ces carnets sont consacrés à Nicolas Sarkozy qui n'a eu de cesse de demander la tête de FOG à ses patrons. Les mots sont durs: "Sarkozy n'est fort qu'avec les faibles, les petits et les obligés". C'est FOG qui écrit.. "S'il sent qu'il peut y avoir du répondant, il biaise, il balise". Et le journaliste qui avoue qu'il a une partie de son cerveau qui pense à gauche et une autre à droite, passé sans encombre du Nouvel Obs au Figaro de raconter que le président "l'a insulté, menacé de lui casser la gueule et traité d'enculé au téléphone". Autant de décorations d'indépendance à l'égard du pouvoir pour le journaliste politique qui n'a jamais courru après les breloques de la républiques ou les titres. Sur l'homme qui courrait après ses jambes, ce Forrest Gump de la politique, FOG reconnaît qu'il a parfois été injuste, trouvant que son bilan au fond n'est pas si maigre. Il liste quatre réforme. Et voilà le mauvais coucheur qui reprend le dessus: après ça, j'ai beau chercher, je rame. Puis il laisse la parole à François Fillon. "Chirac, dit-il donnait l'impression d'être un type sympa, il vous prenait par le bras, il vous faisait des risettes, et puis il vous tuait par surprise, dans un coin, sous un porche. Sarkozy a l'air d'un type violent, il vous menace, il vous agonit d'injures, mais à la fin, il ne vous tue pas, il n'essaye même pas".

Dans le livre, FOG évoque aussi une amitié ancienne et sincère pour le socialiste Pierre Mauroy. Les autres? Il ne les ménage pas. Particulièrement Balladur qui a plombé les comptes de l'Etat. On voit aussi VGE qui sous-entend qu'il pourrait faire chanter FOG sur ses "écarts" de couple que le journaliste confesse aujourd'hui sans pudeur. Pas brillant. On retiendra aussi la confession de Chirac daté de 1996. "Pendant les 30 Glorieuses, on a payé la croissance avec de l'inflation et du déficit. C'était facile, on était les rois du monde, les pays pauvres payaient nos turpitudes à notre place. Sans oublier nos classes défavorisées qu'on roulait dans la farine: elles aussi réglaient l'addition puisqu'avec l'inflation, on carottait leurs salaires et elles économisaient toute leur vie pour rien". Après ce constat cynique, Chirac prévient: "Si on ne continue pas une politique de remise à niveau, on va dégringoler la pense du déclin". Et plein de forfanterie: "j'entends bien les cris d'orfraie de tous ces connards qui voudraient que rien ne bouge, ils peut-être majoritaires dans le pays, mains on ne doit pas se laisser intimider par eux, c'est une erreur que je ne commettrais pas". On connaît la suite.

Tous ceux qui aiment la politique débarrassée de sa langue de bois vont aimer ces derniers carnets de FOG. Si, si, il le jure, c'est sa dernière pochade. Après il retourne à la littérature, la vraie. Ca va mieux en le disant, non?

"Derniers carnets, scènes de la vie politique en 2012 et avant" de Franz-Olivier Giesbert, chez Flammarion, 213 pages.

   

Commentaires

Je n 'ai pas eu le temps de lire entièrement votre site mais je l'ai mis dans mes favoris et dans mes flux rss Je serai de retour dans une journée ou deux et je prendrais le temps de tout lire

Écrit par : faire part naissance humour | 29/06/2012

Wirklich niemals gehoert davon, aber mal interessant.

Écrit par : shoe sole protection | 25/06/2013

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