03/12/2015

Genève, ville d'espions

Ce qui se passe à Genève intéresse le monde secret des espions. C’est ici que l’agent Edward Snowden a écouté sur le toit de la mission américaine, à quelques encablures du Palais des Nations, le murmure diplomatique du monde, probablement pour le compte du F6, une agence hybride de la fameuse CIA et de l’indiscrète NSA. Ici encore que deux hôtels abritant les négociations sur le nucléaire iranien ont été espionnés électroniquement, cette année.

Dans le passé aussi, cette ville internationale d’une Suisse neutre était le lieu où chaque service d’espionnage pouvait collecter du renseignement par tous les moyens. Au bord du Léman se côtoient en effet des représentants de tous les pays du monde, les humanitaires des plus grosses agences des Nations Unies et d'ONG qui savent tout des terrains de conflit.

Durant les deux guerres mondiales, la guerre froide, les années de décolonisation et les révolutions islamiques, Genève a été le théâtre de confrontations feutrées mais aussi d’assassinats.

Des pianos rouges soviétiques à la taupe du Centre islamique, des fléchettes de la Main rouge aux tueurs des ayatollahs iraniens passant par l’affaire Barschel, trois quarts de siècle d’histoire secrète à Genève en cinq volets à l’encre visible.

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01/12/2015

Poutine: faites ce que je dis, pas ce que je fais

Deux principes sont régulièrement mis en avant par la diplomatie russe: la politique de non intervention dans la politique intérieur d'un pays et l'inefficacité et l'inanité des politiques de sanctions contre des Etats. Vladimir Poutine condamne et contrecarre sur cette base la volonté occidentale de faire partir Bachar el-Assad du pouvoir en Syrie. Admettons qu'il y a là, une cohérence, Damas  ayant demandé le soutien à son allié (parrain) russe.

Mais quand Moscou envoie ses volontaires et arme des factieux dans une région d'un pays voisin, il y a d'évidence ingérence extérieure dans la politique intérieure d'un pays souverain. Après l'annexion de la Crimée, des sanctions internationales des Etats-Unis et de l'Europe ont été prises contre la Russie. Efficaces ou pas, elles ont été qualifiées d'injustes et d'inutiles par Moscou. Cela n'a pas empêché le président russe de prendre récemment des sanctions économiques contre la Turquie après que la chasse turque ait abattu un bombardier russe.

Les sanctions prises sur les échanges commerciaux mais aussi contre des personnes (comme l'a fait l'Europe vis à vis du pouvoir et de l'économie russe) puisque les autorités ont empêché l'entrée sur le territoire russe de businessmen turcs, sont tombées tout de suite. Le Kremlin a aussi invité les Russes à bouder la très prisée destination touristique turque. Bref, pour Vladimir Poutine, c'est "faites ce que je dis pas ce que fais", reprochant ingérence et sanctions aux autres et usant des deux procédés dans la foulée.

L'habillage de politique extérieure russe ne vaut pas mieux que celle des Etats-Unis prétextant en autres la défense des valeurs pour garantir l'approvisionnement en pétrole de son économie. La vérité est que les pays ont la politique extérieure de leurs intérêts nationaux. Alors, inutile de traiter de russophobes ou d'américanophobes, ceux qui pointent les contradictions des discours alibis avec la politique des Etats. La vérité est toujours nue et les faits parlent d'eux-mêmes.

                

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