06/06/2011

Les hommes devraient plaider coupable

violence.jpgPas un hebdomadaire français, cette semaine,  qui ne traite du machisme hexagonal. L'affaire DSK aurait en effet déclenché une prise de conscience de la violence ordinaire faite aux femmes que les hommes sont d'ailleurs les seuls à découvrir à cette occasion. Les femmes, elles, savaient. Et leurs témoignages suffisent à la démonstration. Dans "Les violences ordinaires des hommes envers les femmes", un homme, psychiatre et thérapeute de couples, "accuse les hommes, mes frères, de violences ordinaires envers les femmes. "Ce que je dénonce, c'est la violence banale et quotidienne, la violence sourde et aveugle à l'existence féminine, héritière d'une domination masculine que beaucoup pensent disparue mais qui reste le ferment de la mésentente conjugale". L'égalité des sexes, pourtant inscrite dans la constitution française n'est presque nulle part une réalité. Dans son livre Philippe Brenot en donne de nombreux exemples bien connus: depuis les tâches ménagères jusqu'à la représentation politique, le constat est le même.

La France est-elle la seule dans ce cas. Hélas, non. Dans toute l'Europe, la violence des hommes est la première cause décès des femmes de 16 à 44 ans, devant le cancer et les maladies cardio-vasculaires. A quand une politique de prévention et d'éducation qui fasse cesser ce scandale. Le lecteur sera cependant surpris d'apprendre que c'est en Allemagne que les femmes meurent le plus sous les coups des hommes: une par jour quand en France, une meurt tous les cinq jours. Effrayant. A l'échelle de la planète, une à deux femmes sur cinq a -ont- subi des  violences. Le psychiatre ajoute qu'il n'y a pas de différence "entre les degrés de la violence, elle est de même nature, qu'elle soit mortelle ou banale". A ses yeux, une des raisons à de tels comportements est l'ignorance de la différence des sexes. Celle des enfants qui peuvent frapper indifféremment un ou une camarade dans la cour de récréation. A l'âge adulte, cette différenciation devrait être acquise. Or...Le psychiatre détaille ensuite les types de violences allant des mots, au silence, de l'absence au harcèlement, donnant moult exemples de couples qu'il a reçus en consultation. Ces violences ordinaires sont à sens unique très majoritairement homme-femme et sont des violences sexistes. L'évolution des positions entre les hommes et les femmes se heurte, selon lui, à "l'absence de volonté politique de dénoncer cette inégalité". En paraphrasant Simone de Beauvoir, l'auteur termine en prônant: "on ne naît pas homme, on le devient". Vaste programme à inscrire, dit-il, dès l'école primaire. Ca va mieux en le disant, non?

"Les violences ordinaries des hommes envers les femmes" de Philippe Brenot, Odile Jacob poche, collection psychologie, 218 pages, 2011.  

11:20 Publié dans chronique de l'écrit | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : dsk, brenot, sexe, femmes, violences, viol | |  Facebook