24/01/2012

La Libye sans la connaître

Incorrigible BHL. Faut toujours qu'il se la joue. Pas prof de philosophie, mais philosophe autoproclamé. Pas journaliste, car trop candide ou trop acteur. Écrivain, sans doute. Homme d'influence, aussi, qui n'hésite pas à faire pression et à jouer de ses réseaux, raconte Pascal Boniface dans un livre récent. Trop parisien, au fond, ce BBHL.jpgHL. Trop BHL. Bref, le nouveau BHL a déjà fait l'objet de tant de pages de quotidiens français (ses réseaux encore), qu'il serait inutile d'y rajouter une chronique, fut-elle critique. La publicité digne d'un film hollywoodien balaiera toute voix discordante. Pourtant, pour m'être intéressé à cet "intellectuel affranchi" (du travail intellectuel) dès les années 80, je ne résiste pas au plaisir d'allonger notre BHL sur son propre divan, puisque dans son journal de "La guerre sans l'aimer", journal d'un écrivain au coeur du printemps libyen, Bernard-Henri ne peut s'empêcher que Ça parle. Et pour un Lacanien, ma foi, c'est assez normal...

Celui qui avait juré dans un livre précédent qu'il ne jouerait pas au conseiller du Prince, l'a donc fait dans cette guerre de Libye auprès du président Nicolas Sarkozy. Et rétrospectivement, il faut bien dire que l'amateurisme de notre Candide fait un peu peur. Bien que la victoire militaire efface bien des  faux-pas. Y compris les siens. Donc, dans ce journal, Ça parle. Et que dit ce ça logé dans la tête et la plume de BHL. Qu'il se sent ridicule, un jour. Que son intervention lui paraît déplacé, un autre jour (ma "petite performance", écrit-il). Qu'il ne connaît rien à la Libye. Qu'il n'est pas l'ambassadeur du président mais un peu quand même. Journaliste aussi, mais entremetteur, franchissant cette fameuse distance que nos pairs respectent comme une ligne jaune. Et enfin qu'il aimerait tant être un d'Annunzio, un Malraux, un Châteaubriand. Après la Bosnie, la Bosnie, la Bosnie, son précédent voyage répété comme le mantra du pacifisme-défaitisme français, notre Rubempré attend son grand événement, sa montée à Paris. Ce sera donc la guerre de Libye. Bernard-Henri Lévy écrit: "Pour la première fois, la guerre, la vraie...Jusqu'ici, je plaidais pour. J'appelais à". Et plus loin: "Le monde, aussi fort que des gens comme moi puissent crier, resterait divisé entre, d'un côté, les Munichois préférant la certitude de vivre couchés à la perspective de mourir debout". Rassurez-vous, BHL est parti en Libye pour mourir debout mais il est rentré ensuite dormir à Paris.

Premières pages et une première hallucinante impudence. Il cite Kadhafi, le citant lui, BHL, à propos du monothéisme. Allons bon. Il y avait donc un "contentieux" à régler avec cet "improbable lecteur"... Cela motivera donc sa guerre à lui, BHL. Quelques pages plus tard, le propos se précise. Pour que cette guerre soit juste, au fond, il suffirait qu'il n'y ait pas d'islamistes, ou de monstres parmi les révolutionnaires libyens. Hélas. "Que faisons-nous là?" demande BHL. "Je ne le sais pas moi-même", écrit-il. Puis vient un réponse que tous ses lecteurs attendaient à une attaque si basse de l'antiBHLien primaire. Pourquoi être si bien habillé, sur un terrain de guerre? "Par respect", écrit l'écrivain qui porte des chemises blanches. Évident, non. Ensuite, il nous rappelle qu'il avait rencontré Massoud l'Afghan et qu'il lui avait proposé de lui faire rencontrer Chirac. L'entremetteur pointait déjà. le projet sera donc de faire se rencontrer les révolutionnaires libyens et Sarkozy. Ce journal rend compte de ce projet répété plusieurs fois durant cette guerre. Il témoigne aussi du rejet de toute vérité qui vient contrarier ce projet. Notamment des journalistes qui ont le tort d'avoir appris que les Libyens sont divisés en tirbus, régions et que leur ciment est l'islam, dans une version plutôt rigoriste à l'est. Cela, BHL ne le supporte pas. L'aveuglement est tel, parfois, qu'il a du mal à accepter que certains de ses interlocuteurs aient pu jouer les mauvais rôles dans l'affaire des infirmières bulgares. Point que la presse n'a pas évacué, non plus. On trouvera aussi relatées par le détail les conversations téléphoniques du Prince et de son Candide. Et le texte des discours que BHL a écrit pour les Libyens. Il y a aussi quelques anecdotes racontées comme cet enfant de Tobrouk prénommé Nicolassarkozy en hommage à cette France qui a pris fait et cause pour la liberté des Libyens. Et BHL qui voit une inscription antisémite. Et se réjouit le lendemain que ses amis libyens l'aient faite enlever. Preuve que ses Libyens ne ressemblent pas à ceux que décrivent la presse. Enthousiaste, certes, devant un peuple qui se libère mais lucide. Enfin, BHl règle ses comptes avec le Quai d'Orsay et le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé. Là aussi, le conflit à des aspects personnels, comme avec Claude Lanzman, opposé à la guerre. Indécrottable BHL, personnalisant tout, à l'excès, faisant tourner la planète autour de son astre. Petit exercice de mathématique pour finir. Sur 627 pages d'un livre consacré à la Libye, comptez le nombre de jours passés par BHL dans ce pays et calculer le nombre de pages rapporté au nombre de jours. Trop cruel?

"La guerre sans l'aimer", Bernard-Henri Lévy, Grasset, 627 pages, 2011.    

17:14 Publié dans actualité | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : bhl, libye, la guerre sans l'aimer, cnt, printemps arabe, kadhafi | |  Facebook

18/11/2011

Après le tsunami arabe, le reflux?

Antoine Basbous, le fondateur et directeur de l'Observatoire des pays arabes à Paris était de passage à Genève le 17 novembre. Il vient de publier "le tsunami arabe", un livre faisant le point sur cet élan soudain des peuples arabes, avides de liberté au point de risquer leur vie pour renverser des régimes honnis. Antoine Basbous cite d'abord Alaa Al-Aswani, l'auteur égyptien de L'immeuble Yacoban, qui relève qu'en 14 siècles d'islam politique, les musulmans n'ont connu de bonne gouvernance que les 31 premières années. Suit une description des régimes renversés ou fortement secoués encore aujourd'hui. Et ce qui frappe, ce sont les points communs: la corruption clanique, le virus dynastique, la privatisation des républiques au profit du premier cercle, des chefs d'Etat qui ne partent pas à la fin de leur mandat (exception faite du Liban), des palais bunkers lourdement armés comme ceux du Libyen Kadhafi ou du Yémenite Saleh, des medias muselés, des partis uniques, la justice et la corruption qui se donnent la main pour protéger les puissants. L'auteur fait ensuite le portrait de ces peuples qui ont soif de liberté, et souligne le rôle des réseaux dans cette mutation. Al Jazira, la chaîne qatarie, le téléphone portable  et internet bien-sûr. Mais aussi, le soutien, notamment américain à l'activisme non violent de soutien à la bonne gouvernance.

tsuanmi.jpgSuivent de longs chapitres sur six peuples en quête d'avenir. Les pionniers ont été les Tunisiens. Antoine Basbous met en garde: bien que détestés et discrédités, les cadres de la police de Ben Ali sont toujours en place. On apprend dans ces lignes que Ben Ali aurait touché un salaire versé par Kadhafi, une révélation tirée du témoignage d'un cadre libyen repenti (La Tunisie jouait en effet le rôle de poumon économique de la Libye). L'auteur fait aussi état d'une tentative de suicide de Leila Trabelsi, la très insatiable femme du président, véritable régente de Carthage, en juillet dernier, près d'Abha, au coeur du désert saoudien. Et de sa séparation avec Ben Ali avant d'aller s'installer à Dubaï, récemment. Entre autres révélations du livre. Sur la Tunisie, toujours, on apprend que la délégation suisse à Tunis a subi des pressions du régime et a du renoncer à rencontrer des opposants. Antoine Basbous raconte également la contre-offensive des Benalistes qui ont libéré 11 000 détenus au lendemain de la chute de leur chef et 800 autres en avril pour semer le désordre.

 Dans le chapitre consacrée à l'Egypte, Antoine Basbous fait état de documents retrouvés par les jeunes révolutionnaires de la place Tarhir qui ont trouvé la preuve du mariage du mufti d'Al Jazira, Al Qardaoui, en 1997, à l'insu de sa famille avec une jeune égyptienne de 36 ans et un autre attestant des dix épouses du mufti de la République égyptienne alors que l'islam n'en autorise que quatre! Antoine Basbous décrit aussi une police du raïs totalement dépassée par les événements, qui se retrouve après trois jours d'émeutes, sans rations alimentaires et sans batteries pour ses talkies-walkies. Le fin connaisseur du monde arabe dévoile aussi dans le livre l'accord tacite ou négocié qui lie les Frères musulmans et l'armée. Dépassés, les militaires ont utilisé les Frères pour contrer les démocrates, ce qui expliquerait le renoncement des Frères à présenter un candidat à la présidentielle. Autre révélation du livre sur les islamistes égyptiens: la confrérie a installé depuis des mois des structures de justice parallèle religieuse sans la dévoiler avant 2011. On apprend encore avec crainte que les salafistes ont eux, ouvert plus d'une centaine de permanences depuis la fin de Moubarak. L'auteur pense que la révolution est détournée par l'armée. Washington aurait d'ores et déjà pris langue avec des généraux appelés à jouer les premiers rôles à l'avenir, comme Sami Hafez Enan, le chef d'état-major des armées. Au chapitre suivant, il fait une description hallucinante du système en place au Yémen, où la corruption est un mode de fonctionnement à tous les échelons et où le danger terroriste est omniprésent, laissant craindre une dérive à la somalienne. Les chapitres sur la Syrie, l'Arabie saoudite ou l'Iran pour finir sont tout aussi passionnants. La seule restriction à cet éloge serait le titre, même si l'auteur s'en explique. Car un tsunami dévaste tout. Or, l'auteur très réaliste, ne se laisse guère aller à l'enthousiasme benêt d'une partie de l'Occident devant ces révolutions. Et prévient qu'il y a des reflux (en égypte) et des dangers (en Libye ou au Yémen) après les grandes vagues populaires. Ne vaudrait-il pas mieux parler de la nouvelle vague arabe pour rester dans les métaphores marines?

Cette somme, un an ou presque après l'immolation d'un petit vendeur tunisien à Sidi Bouzid, le 17 décembre, vient en tout cas documenter utilement le printemps arabe et six peuples en quête d'avenir... Des révélations, du savoir, de la pédagogie et du recul d'analyse, que demander de plus à un livre? Ca va mieux en le disant, non?

"Le tsunami arabe" d'Antoine Basbous, aux éditions Fayard, 375 pages, novembre 2011.

      

29/08/2011

Comprendre les batailles libyennes

Lors de l'offensive des troupes de Bengazhi, les prises et reprises de villes comme Ras Lanouf, Brega ou Adjabiya ont largement été commentées comme un gel des positions militaires des insurgés et des loyalistes. A la lecture du "choc des révolutions arabes" chroniqué sur ce blog, l'interprétation de ces épisodes apparaît éronnée. En effet, dans son livre, Mathieu Guidère explique que dans la tradition tribale, aucune force ne se voit en force d'occupation durable du territoire traditionnel de l'autre. Selon lui, "l'objectif est avant tout d'investir le territoire pour enlever le maximum de membres de l'autre camp et être ainsi en position de force pour négocier". S'ajoute à cela, la fameuse tactique guerrière du "flux et reflux" utilisée par les Libyens lors de la conquête italienne, sous la conduite d'Omar al-Mokhtar. Voici une nouvelle illustration de la pertinence de cet ouvrage. Ça va mieux en le disant, non?

"Le choc des révolutions arabes" par Mathieu Guidère, éditions Autrement, 210 pages, 2011.

25/08/2011

Autopsie de la Libye

AW10UWLCAX68Y2ICA66JJAJCA95C8IFCA7XTVYNCA46WBOTCAQ7OZ5SCAVLF603CA3A028QCAFFD20TCA8MX7OBCA91NYRGCAQWJEI1CAE8HTD0CAPYWHE5CAYII16SCAYO5EYKCAZIJCJ5CAJZCYBRCA96KCNS.jpgIl y a des diplomates comme ça. La plupart, ose-t-on espérer. Leur mission dans un pays étranger ne se conçoit pas sans un patient exercice de curiosité. Ils apprennent à aimer le pays où ils se trouvent en résidence. Ils apprennent aussi à le connaître de fond en combles. En intitulant "Au coeur de la Libye de Kadhafi", la synthèse qui n'existait pas sur ce pays, Patrick Haimzadeh diplomate en poste durant trois ans à Tripoli montre qu'il a la Libye au coeur, irréductible à la seule figure de Kadhafi. Mais pourquoi donc consacrer un livre à cette Libye de Kadhafi, alors que son régime s'effondre? Sa rédaction récente prend en effet en compte l'insurrection lancée de Benghazi en février dernier. D'abord, parce que le long règne de Kadhafi, dont les séquences ne furent pas toutes stériles comme on le découvre par le détail, c'est deux tiers de la vie du jeune Etat. Autant dire que l'histoire de la Libye qui s'écrira demain se dessine déjà en creux au fil de celle d'aujourd'hui et même d'hier. La rivalité et l'influence de la Tripolitaine et de la Cyrénaïque se forme dès l'antiquité et au fil des siècles. La rente pétrolière (92% des revenus du pays) de l'Etat distributeur et clientéliste de Kadhafi se renégocie aujourd'hui avec les firmes internationales et les États. Ainsi que le jeu des tribus et des parties du pays dont Kadhafi a usé pour installer son pouvoir, réprimant parfois, écartant aussi du pouvoir et de ses prébandes, les régions où ethnies qui n'avaient pas fait allégeance. La révolte libyenne est ainsi partie de Cyrénaïque, coupable de n'être pas aux ordres et délaissée par Kadhafi. Mais l'assaut de Tripoli est partie du Djebel Nefoussa berbère. Autant dire que les négocations de l'après-Kadhafi seront aussi compliquées que l'équilibre et le fonctionnement des "structures" du pouvoir mises en place par le Guide pour mieux diriger en parfait autocrate. Car Kadahfi est plus qu'un dirigeant fantasque. Et le livre de Patrick Haimzadeh le montre bien. D'ailleurs, peut-on rester au pouvoir 42 ans sans rien comprendre à la population de son pays? Non, Kadhafi a d'abord compris les aspirations de son peuple, dans sa formule révolutionnaire des débuts, à la fois nasserienne, socialiste et panarabe mitigée d'islam soufi. Il a ensuite empêchéà tout contre-pouvoir ou corps intermédiaire de s'installer au nom du "gouvernement du peuple pour le peuple et par le peuple". L'usine à gaz des leviers de la Jamahiriya libyenne laisserait pantois plus d'un politologue chevronné. Sauf que cette tuyauterie originale n'aura finalement servi que le dessein d'un homme, d'une famille, d'un clan, de ses fidèles et de ses tribus vassales tandis que l'appareil sécuritaire était la vraie colonne vertébrale du régime. Autre aspect intéressant du bouquin: comment Kadahfi utilise l'immigration pour rétribuer et vassaliser les toubous, ethnie qui s'est spécialisée dans ce "commerce", comment il a usé aussi de cette arme vis-à-vis des pays européens. Comment il change tout le temps les repères de son peuple pour provoquer sa déstabilisation et sa sidération. "Tout changer pour que rien ne change". Mais cela ne met pas à l'abri d'une chute tout aussi brutale. L'ouvrage se conclut sur les spécificité des villes de Libye, leur mosaïque imbriquée de tribus, d'appétits et de spécificités. Sans cette grille de lecture, impossible de comprendre ce qui s'est passée jusqu'à l'assaut de Tripoli. Autant dire que la lecture de l'ouvrage est essentiel pour comprendre ce pays, qui est à la fois un des plus grands d'Afrique, un des moins peuplés et un des plus urbanisés. Ça va mieux en le disant, non?

"Au coeur de la Libye de Kadhafi" Patrick Haimzadeh, JC Lattes, 2011, 181 pages.

 

 

27/05/2011

Quand Kadhafi écrivait une nouvelle sur un dictateur

1362969_8048053.jpgNe le cherchez pas en librairie, le livre est épuisé. Au catalogue de l’éditeur romand Favre, on trouve une curiosité littéraire signée Muammar Kadhafi. Le guide libyen se pique en effet d’écriture. Et a livré un recueil de nouvelles publié en Suisse en 1996. Dans "Escapade en enfer", Kadhafi parle d’un dictateur qui lui ressemble. Comme lui, c’est un «pauvre bédouin illettré», qui ne sait «ce que peuvent être les égouts». «Perdu dans une ville moderne», il est sollicité par des habitants qui, chaque fois qu’ils le trouvent, le «déchirent à belles dents: construis-nous une autre maison… élève-nous une route dans la mer…» etc. «Ces foules inclémentes, même envers leurs sauveurs, je sens qu’elles me poursuivent… Elles me brûlent, et même lorsqu’elles applaudissent, je sens qu’elles frappent. » Et le dictateur d’enconclure que «l’oppression exercée par un individu est la forme la plus bénigne de l’oppression puisque, après tout, il ne s’agit que d’un individu que le groupe peut éliminer… Mais l’oppressionexercée par les multitudes est la plus violente, car personne ne peut résister à la force aveugle du torrent qui emporte tout. » Muammar évoque alors «ces foules qui ont comploté contre Hannibal et lui ont fait boire le poison, ont brûlé Savonarole sur le bûcher… envoyé Danton sur l’échafaud… fracturé les mâchoires de Robespierre, son bien-aimé orateur, traîné le corps de Mussolini dans les rues…» On l’imagine aujourd’hui, alors que son peuple s’est révolté, ruminant ces lignes.

Le lecteur de Marx, Proudhonet autres théoriciens de la révolution ajoute: «Que j’aime la liberté des foules, leur élan enthousiaste après la rupture des chaînes, lorsqu’elles lancent des cris de joie et chantent après les plaintes de la peine. Mais comme je les crains et les redoute! J’aime les multitudes comme j’aime mon père, et les crains comme je le crains. Qui serait capable, dans une société bédouine sans gouvernement, d’empêcher la vengeance d’un père contre l’un de ses fils…»

L’écrivain dictateur fait alors une étrange confession, qui résonne aujourd’hui alors que la répression s’abat sur son peuple: il s’est enfui par deux fois en enfer «pour vous fuir et me sauver seul. Vos souffles me gênent… Ils forcent ma solitude… Ils violent ma personnalité… Ils désirent de façon gloutonne et violemment vorace me presser et boire mon jus, lécher ma sueur et aspirer mon souffle…»

La fin est terrifiante: «Moi et mon âme sommes comme deux criminels dangereux dans votre ville. » Parle-t-il de Benghazi? Le chef libyen raconte qu’il a arraché le casque spectral à son dépositaire et la bague qui réalise tous les souhaits. «Si tu demandes des armes, tu obtiens tout… Même le Mirage devient àta merci, sans parler du Mig et du Sukhoi. Tu peux emprisonner ou libérer tous les Anglais que tu veux, malgré Thatcher. En même temps, si tu mets ce casque magique, tu peux dormir en toute paresse, même si tu vois le loup dévorer tes brebis devant tes yeux grands ouverts. » Un frisson parcourt alors le dos du lecteur.

Vous pouvez consultez ce livre dans le fonds arabe de la bibliothèque universitaire de Genève aux Bastions. Ca va mieux en le disant, non?

09:31 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kadhafi, libye, dictateur, livre, nouvelles | |  Facebook